Les administrateurs du Régime Local d’Assurance Maladie ont la possibilité d’affecter des crédits pour le financement de programmes de prévention depuis 1998 [1]. Ils ont souhaité soutenir plus particulièrement des actions de prévention sur des besoins propres au niveau des territoires alsaciens et mosellans, à savoir la prévention globale contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers [2].

Depuis 1999, pour lutter contre ces pathologies, le Régime Local d’Assurance Maladie a déjà investi plus de 8 millions d’euros dans la réalisation de plus d’une centaine de projets de prévention.

 

Objectif général

L’objectif général du programme global de lutte contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers initié par le Régime Local d’Assurance Maladie consiste à réduire la morbidité et la mortalité liées à ces pathologies.

Les maladies cardio-vasculaires et les cancers sont des affections multifactorielles, c’est-à-dire que plusieurs facteurs de risques peuvent provoquer leurs survenues. Certains facteurs ne sont pas modifiables (l’âge, le sexe, la génétique), par contre d’autres dépendent de nous et de notre mode de vie (l’alimentation, la sédentarité, le tabac, etc.). La prévention primaire et secondaire sont donc des moyens efficaces pour diminuer l’incidence de ces maladies.

Les administrateurs du Régime Local d’Assurance Maladie ont retenu ces deux modalités :

  • Agir en prévention primaire : Eviter l’apparition des comportements à risque et ainsi réduire le nombre de cas nouveaux. En agissant en amont, cette prévention empêche l’apparition des maladies cardio-vasculaires et des cancers. Elle utilise l’éducation et l’information auprès de la population.
  • Agir en prévention secondaire : Dépister et modifier les comportements susceptibles d’induire les facteurs de risques. Cette prévention comprend tous les actes destinés à diminuer la prévalence d’une maladie dans une population, donc à réduire la durée d’évolution de la maladie.

 

Modalités pratiques

Le Régime Local d’Assurance Maladie mène sa politique de prévention en partenariat avec l’ARS Grand Est mais aussi avec la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF), la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRDJSCS), les services de l’Education Nationale, les communes et communautés de communes et les collectivités territoriales de la grande région. Ce travail partenarial permet à la fois de coordonner les financements et d’améliorer la visibilité des actions de prévention en cours.

Les actions soutenues par le Régime Local ciblent l’ensemble des facteurs de risques des maladies cardio-vasculaires et des cancers qui peuvent être atténués par de meilleures habitudes de vie. Les typologies des actions financées sont donc de l’information et de l’éducation à la santé (conférences, ateliers pédagogiques, etc.) mais aussi des actions qui visent à modifier le cadre de vie.

 

Concrètement les actions soutenues doivent permettre de :

  • Favoriser et/ou renforcer l’adoption d’une alimentation équilibrée.
  • Encourager la pratique régulière d’activité physique.
  • Lutter contre le tabagisme actif et passif.
  • Faciliter le dépistage, l’éducation thérapeutique, le suivi du patient et de ses facteurs de risques.

 

Les publics visés prioritairement par les actions sont :

  • Les enfants et les adolescents pour renforcer les aptitudes et optimiser les comportements favorables à la santé dès le plus jeune âge.
  • La population adulte salariée.
  • La population en situation de précarité qui est malheureusement beaucoup plus touchée par ces maladies.
  • La population à risque (âge, sexe, hérédité…).

 

En outre, le Régime Local d’Assurance Maladie souhaite que les actions menées :

  • Adoptent une démarche de promotion de la santé.
  • Favorisent la mise en réseau des différents acteurs.
  • S’inscrivent dans le long terme et soient évaluées régulièrement.
  • Ciblent prioritairement les territoires les plus exposés aux maladies cardio-vasculaires et aux cancers.
  • Mobilisent l’ensemble des partenaires de terrain (médecins, paramédicaux, mairies, professionnels du secteur social, associations, etc.) et s’appuient sur l’offre existante.
  • Ne se substituent pas à des financements de droits communs nationaux ou locaux. Les subventions versées par le Régime Local doivent apporter une plus-value pour la santé des populations alsacienne et mosellane.

 

Les modalités de financements possibles sont :

  • Appels à projets pour faire émerger des actions innovantes sur des territoires prioritaires.
  • Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM) pour financer des actions reconnues pour leur efficacité depuis plusieurs années.
  • Contrat Local de Santé (CLS) pour partager des objectifs de santé avec les collectivités.

 

Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter Mme Detervid, chargée de projet, par courriel : marie-line.detervid@carsat-am.fr ou par téléphone au 03 88 25 26 10.

 

Notes

[1] Loi n°98-278 du code de la sécurité sociale relative au régime local d’assurance maladie des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle (article L325-2), modifié par l’article 90 de la loi 2009-879 (dite loi HPST).

[2] Selon les Observatoires Régionaux de la Santé en Alsace et en Lorraine les maladies cardio-vasculaires et les cancers sont les premières causes de morbidité et de mortalité en France. Certes, les dernières études épidémiologiques montrent que les décès par maladies cardio-vasculaires baissent, mais la situation reste encore préoccupante en Alsace et en Moselle. Sur ces territoires, les décès liés aux affections cardio-vasculaires sont 17 % plus élevés que sur le reste de la France et les mortalités liées aux cancers sont supérieures de 6 %.